LE VILLAGE DE NOËL N'AURA PLUS LIEU


A propos du Village de Noël,
Daniel Colling précise…
Communiqué de presse du 19/12/2009
Depuis début décembre, de nombreuses personnes nous interrogent au sujet de la suppression du Village de Noël organisé depuis 2005 au pied de la Cathédrale par la Sté Coulisses (dont je suis le gérant), en partenariat avec la Ville de Bourges.
Aussi, pour éviter toute rumeur et tout malentendu, je me dois à travers ce communiqué d’apporter toutes les précisions concernant cette affaire.
En préambule, et pour la compréhension de chacun, il m’apparaît nécessaire de faire un historique de la création du Village de Noël.
En janvier 2003, la société Coulisses a répondu avec succès à un appel d’offres de la Ville de Bourges concernant l’exploitation du Parc des Expositions et du Palais d’Auron (que nous
avons rebaptisé « Les Rives d’Auron » ).
Constatant le manque d’une manifestation d’envergure en décembre à Bourges, j’ai souhaité dès 2004 organiser une fête de Noël avec spectacles, animations et activités commerciales, initiative qui correspondait à notre mission économique déléguée par la Ville.
Mis au courant de cette idée, M. Siméon, Président de l’Association des Commerçants de la Rue Bourbonnoux (et organisateur du Noël Blanc) s’est proposé, moyennant finances, de nous organiser lui-même un marché de Noël dans le Pavillon d’Auron et nous a remis un projet en ce sens. Celui-ci, coûteux, ne correspondait pas du tout à notre conception des fêtes de Noël que nous voulions empreintes de charme pour les enfants et conformes aux traditions de Noël.
Très vite, l’idée d’organiser cet évènement au sein des Rives d’Auron nous a semblé incongrue ; c’est pourquoi, en 2004, après avoir consulté toutes les associations de commerçants, j’ai proposé au Maire de Bourges de créer un « Village de Noël » au pied de la Cathédrale, cadre le plus prestigieux de Bourges.
Le projet consistait à installer place Etienne Dolet, sur une période de 15 jours, une quarantaine de chalets et créer une véritable ambiance de Noël sur cette place et dans la ville. Cette manifestation ne pouvait se réaliser, avais-je précisé au Maire, sans l’adhésion de l’ensemble des commerçants de la ville à travers leurs associations.
Le Maire et ses élus ont très rapidement adhéré à notre projet en positionnant la Ville comme partenaire principal de l’événement. Nous avons alors réuni les principales associations de commerçants pour leur proposer de collaborer à cette nouvelle manifestation qui allait dynamiser l’ensemble de la ville pendant une période commerciale très forte. Après de multiples discussions, seul le Centre Ville Piéton n’a pas souhaité collaborer avec nous et s’est désisté un mois avant la première édition. Pour autant, nous avons réalisé le premier Village de Noël en décembre 2005 avec la participation des autres associations de commerçants. Cette collaboration nous a permis d’étendre nos animations de Noël dans le centre ville (hormis le quartier géré par le Centre Ville Piéton) et sur trois marchés de Bourges.
Dès lors, quatre éditions du Village de Noël ont été réalisées (2005 à 2008), connaissant un succès public qui nous a permis d’atteindre notre objectif : attirer à Bourges des visiteurs chaque année de plus en plus nombreux, venant du Cher et des départements voisins, afflux de population qui profitait inévitablement à l’ensemble des commerçants de la ville.
Pour atteindre cet objectif, nous avions misé, de manière intransigeante, sur la qualité et le professionnalisme dans tous les domaines de notre organisation : les produits vendus dans les chalets (en accueillant presque exclusivement des artisans et producteurs), la décoration du Village, les animations (professionnelles pour moitié), la communication de l’événement (sur une zone géographique large), le montage/démontage, l’entretien et la sécurité du Village (avec une équipe de 15 techniciens professionnels employés durant un mois)…
Cette manifestation d’envergure et de qualité, à la hauteur d’une ville comme Bourges, entraîne nécessairement un budget assez conséquent.
Le Village de Noël, rappelons-le, était entièrement gratuit pour le public. Les chalets étaient loués aux exposants (de Bourges et d’ailleurs) à prix quasi coûtant (900 € HT en moyenne pour 15 jours), l’économie actuelle ne nous permettant pas de les proposer à un prix trop élevé, d’autant que les loueurs étaient essentiellement artisans ou producteurs.
Le Village de Noël ne se voulait donc pas une pure opération commerciale mais était considéré, en accord avec la Ville, comme une manifestation d’intérêt général, un prolongement de l’activité des Rives d’Auron, qui ne pouvait se réaliser sans subventions publiques.
A ce sujet, je précise que nous avons visité de nombreux marchés de Noël en France qui démontraient qu’à l’exception de quelques grandes agglomérations, ces manifestations n’étaient pas rentables et nécessitaient des subventions des Collectivités publiques.
Concernant Bourges, il faut savoir que :
Le coût total de ce Village de Noël (son budget) était de 146 000 € HT par édition. Si le poste recettes/dépenses des chalets était équilibré à 30 000 € HT, tous les autres postes (personnels pour installation, maintenance, sécurité, démontage, mais aussi décoration, animations, communication) généraient un déficit que la Ville de Bourges comblait en partie (70 000 € TTC en 2008).
De ce fait, notre société a supporté le solde de déficit qui, cumulé, a représenté en quatre années 177 000 € HT.
La Ville de Bourges avait pleinement connaissance de ces chiffres puisque nous agissions en toute transparence financière vis à vis d’elle. Nous fournissions chaque année budget prévisionnel et bilan, nécessaires au contrôle lié à la subvention.
Aussi, la décision de la Ville d’organiser une mise en concurrence par Délégation de service public, présentait l’avantage, si nous étions choisis, d’assainir la situation financière pour notre société organisatrice.
Pour autant, s’il ne nous appartient pas de commenter ce qui a conduit la Ville à organiser une DSP, nous savons que quelques commerçants, hostiles à ce Village de Noël, ont mené depuis plusieurs années un lobbying négatif auprès des élus de la Ville, et ont publiquement affiché leur soutien à notre unique concurrent.
Ces quelques commerçants, qui considèrent que l’animation de la ville leur appartient, se sont exclus de cette initiative, pourtant collective. Ils n’ont pas accepté la réussite de cette manifestation réalisée avec la majorité des autres commerçants et de très nombreuses associations berruyères.
C’est ainsi que, dans le cadre de la Délégation de Service Public en 2009, pour la réalisation de ce Village de Noël d’envergure et de qualité comme par le passé et répondant aux attentes de la Ville de Bourges, notre société a demandé en toute logique une subvention de 132 000 € TTC à la Ville, correspondant au déficit HT et incluant la modique rémunération de 1 330 € HT pour notre société. Cette subvention demandée, pourtant prévisible, n’a pas pu être apportée par la Ville, contrainte par les conditions économiques et budgétaires que l’on sait. Cette dernière a considéré sa consultation infructueuse. C’est son choix et nous le respectons.
Pour autant et en conclusion, si nous sommes les premiers désolés pour la population berruyère et berrichonne de la disparition de ce Village de Noël, nous savons à qui nous la devons…
Daniel Colling